Jean-François Lacoste, Responsable assurances chez Gan Assurances nous apporte son regard sur cette question.

Jean-François Lacoste, à votre avis, pourquoi ces TPE ont-elles devancé l’appel ?

 

"Dans le cas de l’expert-comptable, ça tombe sous le sens : il est l’interlocuteur privilégié pour ses clients en termes de conseils et de mise en place. En tant qu’acteur référent il doit être informé de toutes les évolutions de cette réforme. Pour la quincaillerie, elle disposait déjà d’un contrat pour ses cadres, et avait donc l’obligation de l’étendre à tous ses salariés au 1er juillet 2014 pour continuer à bénéficier des exonérations de cotisations sociales. Enfin, l’opticien, de par son métier, est déjà sensibilisé aux problématiques de complémentaire santé et il envisage cette mise en place comme un atout pour fidéliser ses salariés."

 

Justement, quels avantages y a-t-il à mettre en place cette mutuelle dès à présent, sans attendre l’échéance de 2016 ?

 

"C’est important pour une TPE d’envisager cette obligation, non comme une contrainte mais comme un rendez-vous avec ses salariés. C’est un moment privilégié de discussions dans un contexte économiquement difficile. Si l’obligation de l’employeur se limite à un panier minimum de soins à prendre en charge, différentes options vont pouvoir être ajoutées pour que chaque salarié trouve une formule et une couverture adéquate. Or pour en discuter dans de bonnes conditions et arriver à quelque chose qui satisfasse tout le monde, mieux vaut prendre le temps ! Il faut également laisser le temps à son expert-comptable et à son assureur d’étudier les différentes options, le formalisme à respecter avec les différents cas de dispense... Les salariés, eux-mêmes, voudront certainement prendre le temps d’en discuter avec leur conjoint."

 

Inversement, quels inconvénients voyez-vous à attendre la dernière minute ?

 

"Outre le manque de temps pour échanger avec les différents intervenants qui risque d’être source de stress pour le dirigeant, je vois plusieurs conséquences pratiques. D’abord, la fin d’année va être un goulot d’étranglement pour les professionnels sollicités sur ce sujet (experts-comptables, assureurs…), qui seront probablement moins disponibles pour étudier la situation de l’entreprise. Autre exemple : la carte de tiers payant. Ce sujet doit être bien prévu dès le départ, pour ne pas avoir à la remettre en place tous les ans. Or, tarder à s’en occuper c’est prendre le risque de décaler sa mise en place. Ce serait une source de mécontentement pour les salariés pour qui l’avance des dépenses de santé sur certains postes comme les laboratoires ou radiologies représente un coût élevé ! Sans compter que le dirigeant peut souscrire dès à présent pour une prise d’effet au 1er janvier 2016, ce qui est très confortable !"