En 2010, Matthieu Bruckert, 36 ans, crée sa société de conseil commercial, pour aider les PME à optimiser leur stratégie de vente. Le décollage très rapide de son activité lui permet aujourd’hui d’envisager de se verser une rémunération en tant que chef d’entreprise. Pas si simple que ça…

« Axionko propose trois offres. Tout d’abord, une prestation de conseil et de développement commercial. Ensuite, en partenariat avec un éditeur de logiciel, la mise en place d’outils informatiques dédiés à la relation client. Enfin, depuis l’année dernière un service d’externalisation commerciale qui rencontre un vif succès. Il s’agit de prendre en charge pour mes clients, de façon ponctuelle ou récurrente, une campagne de phoning, la qualification d’une base de données clients, le lancement d’un événement… Je dispose pour cela d’un partenaire situé à l’île Maurice, qui met à ma disposition une équipe d’une dizaine de téléconseillers de grande qualité.

 

Un salaire de chef d’entreprise sans mettre en difficulté ma société ?

 

Avec une vingtaine de clients, je suis en ligne avec les prévisions de mon business plan. En 2014, je devrais pouvoir commencer à me verser un salaire de chef d’entreprise. Pour l’instant, je réinvestis tous mes gains dans la société. Cela m’a permis de prendre un bureau, d’acheter du matériel, de m’offrir les services d’un cabinet comptable. Mais le salaire reste un objectif, afin de mieux garantir la sécurité des miens et ma retraite.

J’ai de très nombreuses questions avant de franchir ce cap. Comment obtenir une rémunération en tant que chef d’entreprise sans pénaliser ma société ? Quelle proportion choisir entre salaire et dividendes ? Suis-je obligé de me verser le même salaire tous les mois ou puis-je le moduler en fonction de mon activité ? »

Conseil d’expert

Les dividendes ne sont pas considérés comme une rémunération

 

Or, sans rémunération :

- vous ne bénéficiez pas de couverture maladie (sécu)

- vous ne validez pas de trimestre retraite (pas de points retraite)

- vous ne disposez d’aucune base pour calculer une indemnisation nécessaire en matière de prévoyance et d’assurance (pour maintenir votre niveau de vie en cas de maladie ou d’invalidité...)

- certaines démarches comme la location d’un appartement, une demande de prêt… pourront s’avérer plus délicates.

 

Le versement d'un salaire minimum ouvre certains droits

 

En tant que chef d’entreprise, la solution est de vous verser un salaire mensuel minimum qui respecte autant que possible les conditions d’ouverture des différents droits à la retraite et à la Sécurité sociale.

 

  • Pour valider un trimestre de retraite, il faut se verser une rémunération d’au moins 200 fois le SMIC horaire sur cette période.
  • Pour bénéficier de l’assurance maladie, il faut se verser une rémunération au moins égale à 40% du plafond annuel de la sécurité sociale sur l’année.

Vous pouvez compléter cette rémunération en vous versant une commission sur les ventes réalisées. Les mois d’activité avec des ventes sont rémunérés et les mois plus difficiles ne plombent pas votre budget puisqu’ils ne donnent pas lieu au versement de salaire.

Ainsi, vous modulerez votre salaire chaque mois en fonction de votre activité et en fin d’année vous pourrez arbitrer sur les dividendes, s’il y a lieu.

 

Pour conclure, sachez que beaucoup de paramètres entrent en compte dans le choix d’une rémunération.

Une étude plus approfondie doit être menée, afin d’optimiser l’arbitrage au niveau de votre entreprise et de vous-même en tant que dirigeant. On peut en effet imaginer différents montages à partir des solutions existantes (frais professionnels, avantages en nature, participation volontaire, réinvestissement dans la société).

 

Frédéric Giovannini, Inspecteur Commercial Vie Gan Assurances à Paris